Mère courage

chemin 2011

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Maman regarde son petit dernier et sourit. Plus les jours passent et plus elle se dit qu’il sera le plus intelligent de ses enfants.

Le plus turbulent aussi se dit-elle à présent qu’il grandit. Il casse un peu ses jouets, mais plus encore ceux de ses petits camarades.

Le temps a passé et son petit homme est devenu un étrange adulte. Maman tache de faire bonne figure, mais les rides creusent chaque jour un peu plus son beau visage. Elle a finalement compris que son petit n’était pas juste un enfant doué un peu caractériel. Il souffre d’un mal étrange qui le rend asocial. Faudra-t-il se résoudre à son enfermement ? Cela semblerait raisonnable. Mais n’est-il pas trop tard ? Personne ne semble pouvoir ni vouloir venir au secours de cette mère.

Son grand, hélas, saccage tout à présent, terrorise ceux qui l’entourent, violente sa mère, s’auto mutile. De tous ses enfants, Humain est bien le plus inquiétant, le plus dangereux. Peut-être aussi sans doute le plus malheureux. Maman saigne des derniers coups reçus et pleure.

Cet Ogre pour qui tout fait ventre.

Tant que ce qui est gratuit posera un problème à notre système économique, ce système économique sera notre principal problème, et celui de notre environnement. Les milieux alternatifs ne s’y sont pas trompés avec leur slogan « le monde n’est pas une marchandise ». Si tout devient capitalisable même la biodiversité des milieux naturels, si tout prend valeur marchande, y compris l’air que l’on respire ou le CO² non-produit (eh oui ! vendre du non existant !), si l’on peut tout breveter jusqu’à la couleur d’une tomate, l’humain a du souci à se faire : car il n’y a plus de place pour le Bien commun, et sans doute pour le Bien tout cours, remplacé par une course aux biens quantifiables, consommables, et surtout appropriables. Le choix du PIB contre le BUM, du Produit intérieur Brut contre le Bonheur Universel Maximum. Le choix de l’Ego en somme, sauf que, par définition, dans l’Ego, il n’y a la place que pour 1. Mais sans doute, comme dans toutes les histoires d’Ogre, chacun compte bien être celui, plus malin, qui ne sera pas dévoré.

Petit Poucet, combien de cailloux crois-tu qu’il te faudra pour t’en sortir vivant ?

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Lutte à mort contre Nature

La Nature, cette salope, il faut qu’elle obeîsse, qu’elle courbe l’échine, voire qu’elle rende gorge ! Voilà le mot d’ordre non-écrit mais clairement manifesté sur toute la surface terrestre. Nous sommes à l’ère de la vengeance des imbéciles obtus contre ce grand système du vivant qu’ils ne maitrisent et ne comprennent pas, sourdement encouragés par des générations d’ancêtres qui ne pouvaient pas en faire autant mais auraient bien voulu !

Un fascisme ancestral contre la Terre.

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Mornes jardins

Nettoyer dans l’esprit de certains de mes contemporains, doit sans doute être synonyme d’éliminer, raser, ratiboiser, faire place nette, décaper, annihiler, fracasser, pacifier, exterminer, rendre stérile… du moins si j’en juge par les jardins de mes voisins, toujours la main sur le paquet de pesticides, et où rien de dépasse de leurs gazons uniformes. Tristes, sans vie, sans abeille. Propres. Et je crains qu’ils ne votent comme ils jardinent…

La salade sous plastique, c’est propre
La viande javelisée, c’est propre
La tomate irradiée, c’est propre
Le potager pesticidé, c’est propre
L’allée roundupisée, c’est propre

En fait le problème de l’écologie, c’est une certaine conception erronée de la propreté.

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Etat de catastrophe pas très naturelle.

La science ne fait pas de miracle. Partir du principe que quoique nous fassions, la science trouvera toujours une solution à nos problèmes, c’est transformer celle-ci en une nouvelle religion, qui pourrait bien finir par s’avérer la plus dangereuse de toutes.

Nous devrions choisir d’être raisonnables d’abord, et de profiter seulement ensuite avec un minimum de circonspection, des bienfaits des applications techniques de nos découvertes . Mais nous préférons faire l’inverse : tenter le diable d’abord, prendre avec notre fragile petite planète tous les risques et toutes les libertés, considérant fort irrationnellement que de toute façon la science aura réponse à tout.

Climat ? On trouvera bien des solutions. Surpopulation ? On trouvera bien des solutions. Déchets nucléaires ? On trouvera bien des solutions. Fins des énergies fossiles, raréfactions des métaux ? On trouvera bien des solutions. Mais oui voyons. La science viendra à notre secours ! Faisons fi des impies ! Prions la science, mes soeurs. Prions la science, mes frères. Cette généreuse divinité viendra nous sauver, toujours, soyez en sûr. Gardons la foi dans la tempête. Même si l’eau monte, elle ne montera jamais aussi vite que les profits que ceux qui spéculent sur chaque malheur du monde. Amen.

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